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Vendredi 11 septembre 2020

En milieu de semaine, le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) a pris la déplorable décision de réaffecter des enseignants-orthopédagogues et des enseignants-ressources dans des classes. Le CSSDM fait ainsi usage d’un arrêté ministériel, prévu pour le contexte pandémique, afin de pourvoir les postes dans les classes où il n’y a pas d’enseignant. Les élèves vulnérables seront une fois de plus les grandes victimes de cette directive.


Il faut des titulaires dans toutes les classes, toutefois la directive du CSSDM sera lourde de conséquences pour des centaines d’enfants. Des élèves en difficulté avec des problèmes d’apprentissage ne recevront cette année aucun soutien en orthopédagogie, pourtant essentiel, surtout après le confinement de six mois. Cette décision rend caducs les efforts du ministre de l’Éducation, qui a annoncé en août l’ajout de 20 millions de dollars pour augmenter les suivis individuels et assurer un rattrapage aux élèves en difficulté. Non seulement les enfants de Montréal n’auront pas de services supplémentaires, mais ils perdront les services qu’ils avaient déjà. 


La pandémie n’est pas la cause de tous les maux, la pénurie de profs à Montréal est un problème complexe qui ne date pas d’hier. Le Centre de services scolaire peine à recruter de nouveaux profs, mais il a encore davantage de difficulté à retenir ceux qu’il compte déjà dans ses rangs. La pénurie de personnel est décriée, chaque année sur les différentes tribunes, par les principaux intervenants du milieu de l’éducation. Sans un changement important, nous allons éteindre des feux chaque année, comme on le fait actuellement, puis pénaliser encore et toujours les élèves et les profs. 


Les élèves vulnérables doivent avoir accès aux services auxquels ils ont droit à Montréal et partout au Québec. Les profs, eux, doivent avoir les ressources pour bien faire leur travail.


Les solutions immédiates doivent prioriser l’élève, son enseignant et les parents. Plusieurs enseignants de formation (conseillers pédagogiques, cadres, etc.) devraient faire partie de la solution à court terme. Pour l’avenir, le remède existe, mais il faut avoir le courage d’agir. Nous devons dès maintenant revoir à la hausse le financement de l’école publique pour qu’elle réponde aux réalités actuelles. Il faut améliorer les conditions de travail des enseignantes et des enseignants, alléger le fardeau de la tâche des profs, puis revaloriser la profession. Ça prend de la cohérence aujourd’hui, car autrement, demain, c’est une génération complète qui en subira les conséquences.


Catherine Beauvais-St-Pierre, p
résidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal
Patricia Clermont, porte-parole du mouvement Je protège mon école publique
Marc Etienne Deslauriers, co-porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec