Nouvelle autonome
26 juin 2018

Cyberintimidation : un phénomène qui touche des milliers d’enseignantes et enseignants

cyberintimidation

Les conclusions d’une étude à laquelle a participé la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) établit que 20 % du personnel enseignant a été victime de cyberintimidation au cours des deux dernières années. Le nombre absolu surprend et choque : 18 000 profs ont été cyberintimidés depuis 2015. Les enseignantes sont surreprésentées dans les cas de cyberintimidation. Elles constituent 88 % des cas recensés et sont 2,5 fois plus susceptibles d’en être victimes que leurs collègues masculins.

Sans surprise, Facebook est la plateforme préférée des cyberintimidateurs. On recense plusieurs cas où un parent utilise sa page Facebook pour discréditer ou ridiculiser le travail de l’enseignant de son enfant. Les propos diffamatoires ou les insultes envoyées en privé sont alors une source de stress intense pour l’enseignant. Le courriel a aussi été identifié comme un moyen très fréquent d’intimider ou de harceler un prof.

« Une mère commentait sur sa page Facebook les choses que je faisais en classe en ridiculisant mon travail. Elle a, à plusieurs reprises, divulgué mon nom complet. »

« Le parent n’était pas satisfait de mon travail envers son enfant et m’envoyait des tonnes de courriels disant que j’étais une mauvaise enseignante. »

Dans d’autres cas, ce sont les élèves qui agressent. Les exemples sont multiples : utilisation de surnoms blessants, partage de photos ou de vidéos sans autorisation, création de groupes Facebook pour ridiculiser un prof, etc. Souvent très doués avec les nouvelles technologies, les élèves trouvent facilement des munitions dans les photos, les commentaires ou les partages d’un prof pour ensuite l’intimider en ligne.

« Les élèves avaient créé une page Facebook pour écrire des insultes à mon endroit et faire une pétition pour que je ne me présente pas au bal des finissants. »

Si des parents et des élèves s’attaquent aux profs sur Internet, certains autres agresseurs sont des collègues de travail ou des personnes en position d’autorité.  À cheval entre la vie professionnelle et personnelle, la cyberintimidation est un phénomène très grave qui peut sérieusement affecter la santé mentale d’un individu.

Évidemment, le risque zéro n’existe pas, mais certaines actions peuvent être posées pour se protéger. En voici deux exemples :

  • Modifiez vos paramètres de confidentialité sur Facebook pour que seuls vos amis voient vos contenus (publications, photos, liste d’amis, etc).
  • N’acceptez pas n’importe qui parmi vos amis Facebook. Lorsqu’un élève, un parent ou toute autre personne de votre vie professionnelle vous fait une demande d’amitié, interrogez-vous sur les conséquences possibles. Voulez-vous vraiment leur donner accès à toutes vos informations personnelles? Vous avez le droit de dire non!

De plus, l’engouement pour les nouvelles technologies et les pressions qui sont exercées sur les enseignantes et enseignants pour que ceux-ci intègrent dans leur pratique professionnelle certains outils, comme les applications qui permettent d’établir un contact en dehors des heures de travail avec les élèves, comportent des risques qu’il ne faut pas sous-estimer. En la matière, la prudence est de mise.

Si vous êtes victime de cyberintimidation, consultez votre syndicat local. Celui-ci pourra vous aider à prendre les moyens nécessaires pour que cesse cette situation inacceptable.

Cliquez ici pour accéder à la recherche réalisée par le Service aux collectivités de l’UQAM 


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