Anglais intensif

La vérité sur la généralisation de l’anglais intensif en 5e et 6e année du primaire

Analyse critique à lire (pdf)
L’anglais intensif :
ce que dit vraiment la recherche

 

Le 3 juin 2014, le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), Yves Bolduc, réagissait à l’étude évaluative portant sur l’anglais intensif au primaire, produite par l’École nationale d’administration publique (ENAP). Dans un article du journal Le Soleil publié le même jour, le ministre indiquait « que ce rapport vient « raffermir » son intention d’aller de l’avant avec l’implantation « progressive et structurée » de l’anglais intensif en 5e et 6e année. »

Les lacunes de l’étude

Le ministre ne semble pas tenir compte que l’étude ne s’appuie pas sur des résultats tangibles de réussite scolaire, mais sur des perceptions exprimées par divers acteurs, sans toutefois valoriser l’opinion des réels experts de la pédagogie. De plus, le ministre occulte la réalité montréalaise, qui se caractérise par le recul du français comme langue d’usage.

Et la réalité des élèves…

Comme sa prédécesseure, Line Beauchamp, le ministre Bolduc est incapable de répondre aux inquiétudes légitimes formulées par plusieurs acteurs du monde de l’éducation, notamment en ce qui concerne les élèves qui ne maîtrisent pas suffisamment les matières de base. Certains élèves peinent à atteindre les objectifs du programme régulier en 10 mois, comment le ministre peut-il prétendre qu’ils pourront réussir le même programme en 5 mois?

Les nombreuses études qui précèdent celle de l’ENAP

Le ministre s’appuie aussi sur d’autres études pour justifier sa décision de généraliser l’anglais intensif. Des études citées ad nauseam par les fonctionnaires du MELS et le ministre lui-même, mais que peu d’entre eux semblent avoir lu.

Qu’en est-il vraiment?

Dès 2012, la FAE a mandaté un chercheur qui a effectué une analyse critique des études citées par le gouvernement du Québec. Cette analyse intitulée L’anglais intensif : ce que dit vraiment la recherche démontre que les études citées ne peuvent être utilisées pour justifier l’implantation de l’anglais intensif en 6e année.

Que disait cette analyse de 2012?

De manière générale, l’analyse montrait que :

L’analyse permet de conclure que les études démontrant le succès de la mesure sont pour la plupart réalisées avec des élèves performants et avec des enseignantes et enseignants dont la langue maternelle est l’anglais et qui acceptent de faire des heures supplémentaires de façon bénévole.

L’implantation de l’anglais intensif : ses nombreux impacts

Le chercheur constate aussi que 65 % des documents consultés ne portaient pas sur la situation du Québec où l’anglais est déjà une matière obligatoire (contrairement au français dans les autres provinces) et où le français est dans une situation plus précaire.

Les études consultées montrent aussi qu’une implantation à grande échelle de l’enseignement intensif serait très coûteuse (entre 5 000 $ et 7 200 $ par classe) et nécessiterait du nouveau matériel pédagogique, une transformation de la formation des maîtres et du curriculum d’enseignement de l’anglais au secondaire ainsi que des ressources pour le perfectionnement du personnel enseignant.

À l’évidence, le ministère de l’Éducation s’appuie sur une recherche dont les études ne peuvent être utilisées pour justifier la généralisation de l’anglais intensif en 5e et 6e année.